Le minimalisme (2/6) : désencombrer son intérieur

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Encore aujourd’hui, lorsque j’essaie d’imaginer un intérieur minimaliste, je visualise une pièce immense et vide, avec aucune décoration, une chaise et une table au milieu, point. 

C’est bien entendu très beau, très spacieux, et ça rappelle invariablement des intérieurs nordiques, ou encore le dépouillement d’intérieurs inspirés du bouddhisme zen. 

C’est aussi beau que triste, et franchement, je n’aurais vraiment pas du tout envie de vivre dans un intérieur comme ça, même si on m’expliquait que c’était l’intérieur le plus fonctionnel possible ! 

Et pourtant, c’est ce qu’on nous vend quand on nous parle d’intérieur minimaliste. 

On nous vend du rien, du vide. 

Et ce vide absolu est censé nous donner envie d’aller vers plus de simplicité. 

Personnellement, si j’avais eu ces représentations dans la tête au moment où j’ai entamé mon processus de simplification, je pense que j’aurais tout arrêté immédiatement ! 

Et je pense que beaucoup n’osent pas se lancer dans une démarche minimaliste tout simplement parce qu’ils imagine qu’être minimaliste, ça signifie se séparer de tout. 

Je vous rassure, nous allons bien parler de minimalisme dans cet épisode, mais d’une conception un petit peu plus humaine. 

Une conception du minimalisme atteignable, et non pas une démarche qui ne nous mène nulle part. 

N’écoutez pas les gourous du minimalisme ! 

D’ailleurs, d’où vient cette conception du minimalisme ? 

C’est très simple : elle trouve son origine chez les gourous du développement personnel et de l’optimisation de soi. 

Quel est l’objectif de ces gourous ? 

Nous faire croire que le minimalisme (mais c’est valable avec tous les autres sujets où on trouve ce type de gourous) est si difficile à mettre en œuvre que tu as besoin d’une méthode. 

Méthode que tu trouves forcément dans leurs livres ou dans leurs coachings. 

Dans cet épisode, je vais essayer de défendre une conception du minimalisme simple à mettre en œuvre, parce que personne n’a envie de vivre dans une grande pièce vide avec une table et une chaise et c’est normal ! 

Néanmoins, il faut qu’on s’avoue quelque-chose à nous-mêmes. 

Une grande partie des objets que nous avons dans notre intérieur ne nous servent pas à grand-chose… 

Un petit exercice très simple mais très puissant pour désencombrer votre intérieur

Lorsque j’ai décidé de désencombrer mon propre logement, et c’est un exercice que je continue à faire très régulièrement, j’ai pris une feuille de papier, et je l’ai séparée en trois colonnes. 

Dans la première colonne, j’ai listé tous les objets que j’utilisais au moins une fois par semaine, donc ceux que j’utilisais très fréquemment. 

Dans la deuxième colonne, j’ai listé tous ceux que j’utilisais au moins une fois par mois, par exemple certains robots de cuisine, ou encore des instruments de mon petit labo cosmétique. 

Dans la troisième colonne, j’ai listé ceux que j’utilisais au moins une fois par an, comme par exemple mon appareil à raclette qui doit fonctionner à peine deux fois pendant l’hiver. 

Si vous décidez d’essayer ce tout petit exercice, je vous conseille de ne pas le faire en une seule fois sur tout votre logement ! 

Réalisez-le pièce par pièce, par exemple la cuisine, puis votre dressing, etc. 

L’essentiel, c’est de vous focaliser sur un périmètre suffisamment restreint pour être vraiment exhaustif et ne pas avoir à recommencer toutes les semaines. 

Par contre, c’est un exercice que j’ai pris l’habitude de faire une fois par an par pièce. 

Une fois que vous avez classé vos objets dans vos trois colonnes, vous allez vous rendre compte que vous avez des objets qui ne rentrent dans aucune de ces trois cases. 

Il s’agit de tous les objets que vous n’utilisez jamais. 

Tous ces objets pour lesquels vous n’avez fait qu’une chose : gaspiller de l’argent. 

Pour ces objets, une seule chose à faire, et je vous invite à être sans pitié : vous en débarrasser. 

Vous pouvez bien entendu les revendre, et dans ce cas, imaginez tout ce que vous allez pouvoir faire avec cet argent ! Peut-être que vos prochaines vacances sont dans ce bric à brac. 

Vous pouvez aussi, bien entendu, décider de les donner à des personnes qui en auront besoin : c’est ce que j’ai fait, par exemple, avec une grosse partie de mon matériel et de mes matières premières lorsque j’ai fermé ma savonnerie. 

Une fois cette première vague passée, vous devriez commencer à y voir beaucoup plus clair. 

Si c’est votre premier gros désencombrement, le résultat doit déjà être vraiment visible ! Par la suite, ces objets que vous n’utilisez jamais se feront beaucoup plus rares et c’est normal : en ce qui me concerne, il s’agit d’objets de la troisième colonne qui deviennent au fil du temps complètement inutiles. 

Les trois questions pour négocier chaque objet avec vous-même

Commence maintenant la partie la plus drôle : la négociation avec vous-même. 

Prenez les objets de la troisième colonne, et posez-vous les trois questions suivantes : 

  • Est-ce que je peux m’en passer ? 
  • Est-ce que je possède un autre objet qui remplit la même fonction ?
  • Est-ce que ma vie serait plus simple sans cet objet ? 

Attention, prenez bien le temps de vous poser ces questions pour chaque objet, et pas de réponse hâtive ! Pesez bien le pour et le contre. 

Par contre, si vous répondez oui à une seule de ces questions, je vous invite à être sans pitié : débarrassez-vous de cet objet, tout simplement. 

Pour la troisième colonne, la négociation reste relativement simple : ce sont des objets que vous utilisez rarement. 

Mais une fois cette troisième colonne traitée, commencez à attaquer la deuxième colonne, puis la première si vous vous en sentez le courage. 

Car dès la deuxième colonne, c’est là où vous allez vraiment commencer à entrer dans le dur du désencombrement. 

Lorsque désencombrer signifie juger de l’importance, ou non, d’objets auxquels nous sommes liés émotionnellement pour la simple et bonne raison qu’ils racontent quelque-chose de nous. 

Des marqueurs sociaux qui disent quelque-chose de nous aux autres, bien entendu, mais aussi à nous-mêmes ! 

Car n’oublions pas une chose très importante. 

Une chose dont nous n’avons en général que très peu conscience. 

C’est que tous ces objets qui sont autour de nous sont beaucoup plus que des choses ! Ils sont des prolongations de nous-mêmes, ils sont aussi bien le reflet de qui nous sommes et de l’image que nous voulons donner au monde, que le reflet de notre intériorité. 

Je ferai bientôt une série sur ce mot que je trouve magnifique “HABITER” : un mot qui va bien au-delà de notre simple positionnement géographique. 

Habiter un espace, ça signifie le modeler à notre image, et ça signifie donc raconter une histoire sur nous-mêmes au monde. 

Cet exercice, comme je vous l’ai dit, est vraiment celui qui est devenu ma routine, et c’est l’exercice qui m’a permis de me débarrasser des deux-tiers des objets de mon logement. 

Aujourd’hui, au moment où je vous parle, j’ai encore une très grosse marge de progression car je persiste à conserver certains objets qui ne me servent à rien. 

Mais je ne me mets pas la pression. 

J’en garde certains parce qu’ils me font tout simplement du bien, et progressivement, j’arrive à me détacher des autres. 

Je ne me donne aucun objectif drastique, comme par exemple n’avoir que 2 t-shirts, ou 5 slips, comme j’ai pu le lire dans certains livres sur le minimalisme. 

J’ai décidé de simplement me faire confiance. 

Faire confiance en mon bon sens, et en mon envie d’avoir une vie qui soit en accord avec mes valeurs. 

Et ça fonctionne, sans que j’ai besoin de me mettre la pression. Et même si je ne vivrai jamais, et dieu merci, dans une grande pièce vide meublée uniquement d’une table et d’une chaise. 

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