Le minimalisme (3/6) : désencombrer son assiette

Minimalisme désencombrer son assiette


Lorsqu’on regarde la manière dont nous nous alimentons, on peut franchement le dire, nous marchons tout simplement sur la tête. 

Au moment où nous parlons, nous produisons suffisamment de calories pour parvenir à nourrir le double de la population mondiale actuelle, soit potentiellement de quoi nourrir près de 14 milliards d’individus. 

En même temps, plus de 2 milliards de personnes n’ont pas de quoi se nourrir correctement, nous jetons près de 40% de notre production, et les pays occidentaux crèvent, littéralement, d’un excès de nourriture. 

Quelques chiffres édifiants concernant l’occident :

  • 1 décès sur 5 dans le monde est associé à une mauvaise alimentation, soit au moins 11 millions de morts par an.
  • 10 millions de décès découlent d’une maladie cardiaque due à cette mauvaise alimentation.
  • 913 000 sont dus à des cancers liés à l’obésité.
  • 339 000 pour cause de diabète de type 2.

La malbouffe est tout simplement désastreuse pour notre santé. Et pour cause, ce genre d’alimentation est généralement :

  • Trop riche en graisse
  • Trop sucrée
  • Trop salée
  • Composée de trop peu (voire pas du tout) de fibres
  • Composée de trop peu de vitamines
  • Composée de trop de produits chimiques.

Cela peut ainsi entraîner principalement des maladies cardiovasculaires, un surpoids voire de l’obésité, du diabète, de l’hypertension artérielle ou même des risques de cancer.

Lorsque je vous dis ça, c’est en connaissance de cause. Il y a 4 ans, j’ai vécu un véritable dérapage alimentaire. Mon poids est monté à plus de 120 kilos pour 1m70, ce qui m’a occasionné des problèmes de santé importants. 

La seule chose qui m’a permis de m’en sortir et d’éviter des traitements pour le diabète ou encore l’hypertension, c’est une prise de conscience que je pouvais encore réagir, que je pouvais reprendre le contrôle sur mon alimentation. 

Et surtout, la prise de conscience que ce que je mettais dans mon assiette n’était pas adapté : je mangeais trop, avec des aliments de mauvaise qualité qu’en plus je payais cher, et je ne laissais pas une minute de répit à mon corps. Je mangeais en permanence. 

Dans cet épisode, je vais tenter de vous montrer que manger autrement, c’est possible et que ce n’est pas quelque-chose de triste ! 

Et qu’en faisant ce cheminement vers une assiette minimaliste, vous allez non seulement vous sentir mieux, mais également être bien plus heureux. 

Prendre conscience de ce que nous mettons dans notre assiette

Savez-vous exactement ce que vous mettez dans votre assiette ? 

Savez-vous combien de calories représente, par exemple, la somme des trois repas de votre journée ? 

Savez-vous, au-delà des calories, si le contenu de votre assiette est de bonne qualité, c’est-à-dire si votre assiette contient tous les éléments (les vitamines, les minéraux, les fibres, les sucres, etc.) nécessaires pour que votre corps fonctionne bien ? 

Et enfin, et c’est certainement le plus important, est-ce que vous savez exactement de quoi a besoin votre corps chaque jour ? 

J’avoue, ça fait beaucoup de questions. 

Mais y répondre vous permettra vraiment de prendre conscience de ce que vous avez dans votre assiette. 

Et je vous propose de commencer par essayer de répondre à la première question. 

Pendant des années, j’ai été convaincu que je mangeais suffisamment. Je pensais même que je mangeais assez peu. 

Je ne grignote jamais entre les repas, je ne suis pas un accro du sucre et des desserts, bref, même si je grossissais, j’étais convaincu que je mangeais sainement. 

Et que ce que je mangeais était parfaitement adapté à mon corps et à ses besoins. 

Sauf que je n’avais aucune idée de ce qu’étaient ces besoins ! Je me contentais des infos approximatives que je trouvais sur internet qui se limitaient en gros à “un homme de mon âge a besoin de 2500 à 3000 calories par jour”. 

Et j’ai été convaincu de ça jusqu’à ce que je me décide à acquérir un traqueur d’activité. 

J’ai investi dans une montre sportive qui, désormais, ne me quitte plus. Bien sûr, elle me sert à faire du sport, mais elle me permet également de savoir avec précision le nombre de calories consommées par mon corps chaque jour, et donc le nombre de calories dont mon corps a besoin. 

Lorsque j’ai commencé à la porter, j’ai été très surpris par les résultats qui étaient très en décalage avec mes croyances. 

Déjà, je me suis rendu compte que mon corps consommait beaucoup moins de calories chaque jour que ce que je pensais, tout simplement parce que j’avais un rythme cardiaque plus lent que la moyenne. 

C’était d’ailleurs plutôt une bonne nouvelle, car c’est ce qui m’a permis de me lancer ensuite dans la course à pied et de faire des marathons ou des ultra-trails, mais ça redistribuait vraiment les cartes. Dans une journée sans activité sportive, mon corps consommait moins de 2000 calories. 

Et lorsque je faisais du sport, j’arrivais à peine à 3000 calories sur ma journée, même en allant courir 10 ou 15 kilomètres. 

Je pourrais m’étendre sur ce sujet pendant des heures, mais ce qui est important pour aujourd’hui, c’est ceci : c’est en mesurant ce dont mon corps dépensait que j’ai pu prendre conscience de ce dont il avait besoin. Ça, ça a été le début de la révolution car ça m’a vraiment fait prendre conscience que je mangeais trop. 

Une fois ce constat fait, j’ai donc commencé à m’intéresser à la valeur calorique des aliments. Bien entendu, un aliment ne se résume pas qu’à son nombre de calories, on y reviendra dans un instant, mais là aussi, ça m’a aidé à calibrer mon assiette en fonction de mon activité. 

Ici, j’ai tout simplement investi dans une application qui me permettait de mesurer la valeur calorique de mes repas, et une balance pour peser mes aliments. 

Pour l’application, j’ai choisi Yazio qui est super bien faite, même si je ne l’utilise plus aujourd’hui parce que j’ai maintenant appris à me faire confiance, mais il en existe plein d’autres sur le marché. 

Ça peut sembler super contraignant de tout peser comme ça, mais de l’avoir fait pendant près de 1 an m’a permis non seulement de réduire le contenu de mon assiette, et donc de perdre du poids (plus de 30 kilos en 1 an), mais aussi de prendre des habitudes qui font qu’aujourd’hui, je n’ai plus besoin de peser : je sais exactement ce que je dois mettre dans mon assiette. 

Enfin, toutes les calories ne se valent pas. Entre 1000 calories de Mac Do et 1000 calories de crudités, il y a un monde qualitatif qu’il faut vraiment appréhender. 

J’ai vraiment commencé à prendre du plaisir à m’intéresser aux aliments eux-mêmes. Et j’ai découvert deux choses : 

  • Au-delà des calories, chaque aliment apporte des nutriments très spécifiques au corps, et ces nutriments sont tout aussi importants que les calories ! 
  • La densité calorique des aliments n’est pas la même. Par exemple, 100 calories de riz n’occupent pas le même volume dans l’estomac que 100 calories de brocolis. L’avantage, c’est que les 100 calories de brocolis, parce qu’ils prennent beaucoup de place, rassasient vite, alors qu’on a encore faim après 100 calories de riz. C’est tout bête, mais ça m’a vraiment aidé aussi à maigrir sans mourir de faim. 

Le jeûne intermittent : une excellente manière de gérer son apport alimentaire

J’ai déjà abordé cette question dans l’épisode 9 de ce podcast, mais elle me semble suffisamment essentielle pour y revenir encore. 

Et je pense que j’en reparlerai très souvent tant la pratique du jeûne m’a aidé à reprendre le contrôle de mon corps et de ses sensations. 

Avons-nous vraiment besoin de manger trois repas par jour ? 

La réponse est claire, c’est NON. 

D’ailleurs, le petit déjeuner fait partie de nos vies depuis très peu de temps ! En gros, depuis les années 40 / 50, sous la pression des grandes marques de céréales américaines qui cherchaient de nouveaux marchés. 

Notre petit déjeuner est, en fait, une pure construction marketing. 

Au-delà de ça, le petit déjeuner présente plusieurs inconvénients majeurs. 

Prendre un petit déjeuner quand on a une activité physique importante, c’est compréhensible. Ça permet effectivement de bien répartir l’apport calorique sur sa journée. 

Mais quand notre activité sportive va consister à marcher jusqu’aux transports en commun, puis à garder les fesses vissées sur une chaise devant un écran toute la journée, le petit déjeuner ne sert à rien ! 

Par ailleurs, notre petit déjeuner à la française est beaucoup trop sucré ce qui induit un pic glycémique important. 

Enfin, le matin, notre corps n’a souvent pas encore fini de digérer le repas de la veille : on ne laisse donc pas notre corps se reposer entre deux prises alimentaires. 

Bref, supprimer le petit déjeuner n’a eu pour moi que des bienfaits. 

Cuisiner pour reprendre le contrôle de son alimentation

Pour reprendre le contrôle de mon alimentation, j’ai aussi recommencé à cuisiner des produits frais. 

Auparavant, j’achetais et je consommais énormément de produits transformés, notamment des surgelés. 

J’avais l’impression que je mangeais super bien, alors que le contenu de mes assiettes n’était pas nécessairement équilibré ou réalisé avec des aliments de qualité. 

Et ça me coûtait en plus très cher. 

Cuisiner m’a aidé à faire plusieurs choses : 

  • Trouver du plaisir à choisir les aliments que j’allais consommer, notamment en cuisinant des légumes de saison
  • Retrouver le vrai goût des aliments ! Entre une frite surgelée, par exemple, et une frite maison, il y a un monde que je vous invite vraiment à franchir. 
  • Paradoxalement, manger mieux en achetant des aliments bruts d’excellente qualité m’a permis d’économiser beaucoup d’argent puisque j’ai divisé ma facture alimentaire par deux. C’est ce qui me permet aujourd’hui de me faire plaisir en achetant des produits d’encore meilleure qualité, comme des produits biologiques. 

Pouvons-nous encore continuer à consommer de la viande ? 

La question de la viande est une question complexe qu’il est vraiment important de se poser. 

Aujourd’hui, nous consommons beaucoup trop de viande, et notre corps n’est pas fait pour ça, tout simplement. 

Il existe beaucoup d’autres sources de protéines, notamment dans les végétaux, et des protéines de toute aussi bonne qualité. 

Notre corps n’est pas fait pour manger de la viande à tous les repas : cela pose de vrais problèmes de digestion et peut occasionner de graves problèmes de santé à long terme. 

Par ailleurs, la production de viande, même bio, pose aujourd’hui de vraies questions écologiques quand on connaît l’impact de l’élevage sur le réchauffement climatique. 

Enfin, la production de viande pose aussi la question de la cruauté vis-à-vis des animaux. Car quand on mange un steak, on ne mange pas de la viande : on mange un animal mort. 

Même si vous êtes omnivore, c’est très important d’en prendre bien conscience. 

Personnellement, j’ai eu plusieurs phases alimentaires dans ma vie, et j’en parle de manière très libre. J’ai eu des périodes ou j’ai mangé de la viande, et d’autres ou je n’en ai pas mangé du tout jusqu’à même supprimer tous les aliments d’origine animale. 

Aujourd’hui, il m’arrive de consommer, très rarement, de la viande, mais elle n’est absolument pas nécessaire à mon régime alimentaire au quotidien. 

Et la supprimer complètement est une vraie option. 

Retrouver le plaisir de manger sainement… Et savoir se pardonner ses écarts ! 

Une personne m’a dit récemment en voyant le contenu de mon assiette : “tu sais, faut pas non plus oublier de se faire plaisir !” 

Sauf que je prends vraiment beaucoup de plaisir à manger plus sainement, avec une assiette beaucoup plus naturelle et frugale. 

Le plaisir n’est pas que du côté du gras et du sucre : on peut prendre du plaisir, je vous le garantis, à cuisiner et déguster un légume, ou à croquer dans un fruit frais. 

Après, je ne suis pas parfait, loin de là ! 

J’ai fait depuis très longtemps mon deuil de la perfection. 

Je mange parfois excessivement, je me laisse tenter par une tablette de chocolats, et j’aime encore et toujours le gras. Mais j’essaie d’équilibrer tout cela et surtout, j’essaie de faire de mon mieux. 

Surtout, je ne culpabilise jamais ! Je prends avec plaisir chaque instant parce que le plus grand enseignement d’avoir désencombré mon assiette, c’est bien celui-ci : sans plaisir, vous ne parviendrez jamais à atteindre vos objectifs alimentaires durablement. 

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