Le minimalisme (4/6) : désencombrer sa salle de bains

le minimalisme désencombrer sa salle de bain


Personnellement, je trouve complètement fou que notre hygiène produise autant de déchets. 

C’est typiquement le truc qui me met en dissonance cognitive : comment en sommes-nous arrivés à générer une quantité monstrueuse de pollution, simplement pour être propres ? 

Voici quelques chiffres qui ne vont pas manquer de vous mettre des frissons dans le dos. 

  • Chaque année, en France, nous jetons 1400 tonnes de brosses à dents
  • Nous jetons également 3000 tonnes de tubes de dentifrice
  • Nous utilisons en moyenne 720 à 2100 cotons démaquillants par personne et par an
  • Il faut 168 litres d’eau pour produire un rouleau de papier toilette 
  • 2 milliards de tampons et serviettes menstruelles sont jetés chaque année
  • Nous achetons, chaque jour, 476 000 bouteilles de shampoing
  • 11 millions de rasoirs jetables BIC sont vendus chaque jour 

Et je ne parle pas des déodorants, des gels douches, etc. 

Sans oublier que près de la moitié des français ne trient pas dans leurs poubelles les emballages de la salle de bains. 

Bref, nos salles de bains sont des espaces à désencombrer de toute urgence ! Pour que notre planète reste propre et, et nous aussi par la même occasion. 

Dans cet épisode, je vais vous montrer qu’une autre salle de bains est possible : une salle de bain sans emballages, dans laquelle vous pourrez être tout propres, mais sans salir notre belle planète ! 

Une autre cosmétique, respectueuse de la planète, est possible

Notre planète étouffe, littéralement, à cause de nos emballages. En quelques décennies, principalement dans les années 60 / 70, les emballages se sont généralisés au point d’envahir notre quotidien. 

Comment est-ce qu’on faisait auparavant ? 

C’est simple : on utilisait beaucoup moins de produits, et des produits sans emballages. 

Et parmi tous ces produits, le plus emblématique, c’est le savon et notamment le savon de Marseille. 

Le savon de Marseille ne date pas d’hier : on recense les premiers savonniers dans la région de Marseille dès 1370, et la formule du savon de Marseille, telle que nous la connaissons aujourd’hui, a été fixée dès le XVIIème siècle. 

Ce savon, fabriqué à partir d’huile de grignons d’olives, est un produit extrêmement polyvalent qui permet de faire énormément de choses dans la maison. 

Premièrement, même si ce n’est pas le sujet de cet épisode, le savon de Marseille peut être utilisé pour faire le ménage : vous pouvez avec ce savon faire votre lessive, le ménage de toute la maison, ou encore votre vaisselle. 

Comme ce savon est extrêmement doux, même si paradoxalement, il ne contient aucun surgras, il peut être également utilisé pour la toilette, comme shampoing, et même comme dentifrice. 

Glissé dans votre armoire, le savon de Marseille éloignera même les mites et autres parasites du linge. 

Bref, c’est vraiment un produit extraordinaire. 

Aujourd’hui, à Marseille où j’ai la chance de vivre, 4 savonneries perpétuent la tradition ancestrale du savon de Marseille : 

  • La savonnerie du Sérail
  • La savonnerie de la Licorne
  • La savonnerie du Fer à Cheval
  • La savonnerie du Midi. 

Avec ce seul produit, vous allez pouvoir couvrir énormément de vos besoins et faire en même temps de belles économies. 

Au-delà du savon de Marseille, les savons surgras artisanaux vont aussi prendre soin de votre peau, tout en douceur, et surtout sans emballages. 

Depuis quelques années, notamment suite à la prise de conscience d’une nécessaire réduction de nos déchets, l’offre de savons artisanaux a considérablement augmenté. 

Personnellement, ce que je trouve génial, c’est qu’il existe autant de produits différents qu’il existe de savonniers, et ça permet donc de vraiment se faire plaisir, tant sur les compositions que sur les parfums. 

Gros avantage par rapport au savon de Marseille : la plupart des savons artisanaux réalisés en saponification à froid ou à chaud sont surgras, c’est-à-dire qu’ils contiennent une part d’huile non saponifiée qui va nourrir la peau tout en la nettoyant. 

Là aussi, même si ces savons sont un peu plus chers, vous allez réaliser des économies importantes car un savon dure longtemps ! 

Et vous pouvez d’ailleurs même apprendre à les fabriquer vous-même : de nombreux artisans n’hésitent pas à partager leur savoir-faire lors d’ateliers qui vous permettront de réaliser votre savon facilement chez vous. 

Autre élément important de la salle de bain zéro déchet, ce sont les huiles végétales. Je vais y revenir un peu plus tard dans cet épisode, mais penser que la peau a besoin d’être hydratée est une construction marketing pure. Une construction pour tout simplement nous vendre de l’eau… 

La peau, comme les cheveux, ont besoin d’être nourris, et les huiles végétales sont d’excellentes alternatives à tous les produits suremballés qu’on trouve dans le commerce. 

Enfin, ces dernières années, l’offre de produits zéro déchets s’est considérablement accrue : dentifrices, shampoings, brosses à dents, etc. Vous pouvez aujourd’hui retrouver tous vos produits sans emballages. 

Attention néanmoins : beaucoup d’industriels de la cosmétique ont décidé de surfer sur cette vague et de proposer, eux aussi, des produits zéro déchets. Si ces produits n’ont pas d’emballages, les compositions sont souvent dégueulasses ! 

Attention à bien décrypter les étiquettes avant d’acheter vos produits, et quoiqu’il en soit, préférez toujours les produits fabriqués par des artisans. 

L’horreur des tensio-actifs chimiques

Très peu de personnes savent lire les étiquettes… 

Et c’est bien dommage, car les étiquettes sont souvent très instructives : apprendre à les lire, c’est prendre conscience que 90% des produits que vous trouvez dans les grandes surfaces doivent être bannis de toute urgence de votre salle de bain ! 

Et parmi tous les produits cracras, il y en a un qu’on retrouve dans de nombreux produits, notamment les shampoings, les dentifrices et les gels douches. 

Ce produit, c’est ce qu’on appelle un tensioactif, et il s’appelle le SLS ou Sodium Lauryl Sulfate. 

Pour commencer, c’est quoi un tensio-actif ? Pour schématiser, c’est un ingrédient qui permet d’extraire plus facilement la graisse de l’eau, et qui permet donc de nettoyer. Et c’est également un produit qui génère quelque-chose que nous aimons tous beaucoup : de la mousse. 

Dans l’absolu, le savon, même artisanal, est à ce titre un tensioactif. 

Alors pourquoi stigmatiser le SLS ? 

Tout simplement parce que ce produit, qui s’est généralisé dans l’industrie cosmétique, est un des produits les plus irritants qui soit. 

S’il s’est généralisé, ce n’est bien entendu pas pour sa qualité mais pour son prix ! Car en termes de qualité, c’est une véritable catastrophe écologique puisque c’est l’huile de palme qui entre majoritairement dans sa composition. 

Bref, non seulement vous faites du mal à votre peau en l’utilisant, mais aussi à la planète ! 

Voici d’ailleurs la liste des tensio-actifs à bannir de votre salle de bains : 

  • Sodium Lauryl Sulfate
  • Ammonium Laureth Sulfate
  • Sodium Laureth Sulfate
  • Sodium Lauryl Sulfoacetate
  • Sodium Myreth Sulfate

Déconstruire les mythes marketing : deux exemples, le silicone et l’hydratation de la peau

Au-delà des tensioactifs, il existe de nombreux mythes produits par l’industrie cosmétique qu’il est urgent de déconstruire. 

Dans cet épisode, je vous propose d’en aborder deux : le silicone et l’hydratation de la peau. 

Le silicone est principalement utilisé dans les produits capillaires. Sa fonction est très claire : rendre les cheveux souples et brillants… En les recouvrant avec cette substance ! 

Dans la plupart des shampoings, les tensioactifs utilisés sont particulièrement détergents : la fonction du silicone est donc de leur donner de la douceur et du brillant à moindre coût, au risque d’abîmer irrémédiablement le cheveu. 

S’il y a donc un produit à bannir de la salle de bain, en plus du SLS et de ses dérivés, c’est bien le silicone. 

De même, les industriels de la cosmétique ont popularisé l’idée que notre peau aurait besoin d’être hydratée de l’extérieur. 

Bien entendu, ce mythe de l’hydratation de la peau avait une seule fonction : vendre des produits à base d’eau, comme les crèmes par exemple. Des produits qui, de par la présence d’eau, coûtent peu cher à produire et génèrent donc des marges importantes. 

Bien entendu, c’est un mensonge : la peau n’a pas besoin d’être hydratée, mais d’être nourrie. Et pour la nourrir, rien de mieux que des huiles végétales qui apporteront à la peau tout ce dont elle a besoin et viendront reconstituer le film lipidique de la peau après la toilette. 

Concernant l’hydratation du corps, il faut boire suffisamment d’eau dans la journée, un point, c’est tout. 

Mon expérience d’une salle de bain minimaliste

Voilà maintenant 10 ans que je suis passé à une salle de bains 100% minimaliste et zéro déchet, et je n’ai jamais regretté ce choix. 

C’est d’ailleurs avec ma salle de bains que j’ai démarré mon cheminement vers plus de frugalité, au point il y a quelques années de créer ma propre petite savonnerie. 

Bien entendu, ce cheminement vers une salle de bains minimaliste ne s’est pas fait du jour au lendemain. 

Voici les 3 étapes que j’ai suivies, et qui vous permettront vous aussi de prendre beaucoup de plaisir dans une salle de bains plus frugale. 

3 étapes pour désencombrer entièrement votre salle de bains et faire de belles économies

Premièrement, avant de vous acheter toute la panoplie zéro déchet, on termine tous ses produits conventionnels ! Je vois plein de personnes qui, sous prétexte de passer au zéro déchet, jettent les produits qu’ils utilisaient auparavant sans se poser de questions. Je n’ai qu’une chose à dire : vous les avez achetés, terminez-les ! 

Deuxièmement, achetez des produits qui vous font plaisir, car la dimension de plaisir est importante pour que votre démarche dure dans le temps. Par exemple, j’ai mis très longtemps avant de trouver un dentifrice solide qui me convienne vraiment, ou encore un déodorant. Prenez le temps de tester. 

Enfin, troisièmement, n’hésitez pas à fabriquer vos produits vous-mêmes ! Si je prends le seul exemple du déodorant, il est vraiment très facile de fabriquer des produits très efficaces avec des ingrédients que vous trouverez dans le placard de votre cuisine. Même si vous ne fabriquez pas systématiquement tous vos produits, vous initier à la cosmétique zéro déchet vous permettra de mieux comprendre que votre corps et votre peau n’ont pas besoin de chimie, mais uniquement des trésors que nous offre notre belle nature. 

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