Le minimalisme (5/6) : désencombrer son temps

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J’ai depuis toujours un rapport au temps très compliqué. 

Concrètement, j’ai toujours eu l’impression d’avoir trop de temps, au point de ne même plus savoir quoi en faire. 

J’ai passé des années et des années à tout faire pour combler ce temps vide, au point de traquer chaque moment que je jugeais inutile pour l’occuper. 

Puis, je le remplissais pour, surtout, ne pas avoir l’impression de m’ennuyer, ne pas avoir, surtout, l’impression de perdre mon temps. 

D’ailleurs, j’ai abordé en détail dans l’épisode 11 de ce podcast ma prise de conscience, celle qu’à vouloir, à tout prix, occuper mon temps, peut-être qu’au final, je le perdais un peu. Et que je devais apprendre à reprendre le temps. 

En fait, les années passant, j’ai réalisé une chose. 

Là où j’étais convaincu que j’avais le temps, je me suis réveillé un matin avec une nouvelle conscience : celle que j’avais ENCORE le temps, mais que désormais, ça n’allait pas durer. 

Et que ce temps était précieux. 

Dans l’épisode 11 de ce podcast, je vous explique comment j’en ai déduit toute une philosophie de la frugalité basée sur l’art de prendre le temps du thé. 

Dans cet épisode 22 (déjà !), je vais vous donner des conseils très pratiques et concrets pour reprendre le contrôle de votre temps. 

Et je vous garantis que vous allez être surpris de tout ce que ce travail va vous apporter. 

Apprendre à dire non

Une des premières choses qui m’a fait perdre beaucoup de temps, ou plutôt qui m’a fait remplir mon temps de plein d’activités inutiles, c’est mon incapacité à dire non. 

En fait, à chaque fois que quelqu’un me proposait quelque-chose, ou que se présentait une opportunité, je m’y engouffrais, quitte à abandonner tout ce que j’avais en cours. 

Et l’excuse que je me donnais à moi-même, c’était que je n’avais pas pas le droit de refuser mon aide à quelqu’un qui en avait besoin. 

Mais j’ai vite réalisé qu’à penser comme ça, j’allais malgré moi droit dans le mur parce que je n’avais plus du tout le temps d’accomplir les tâches qui, elles, me tenaient vraiment à cœur. 

J’ai donc commencé à apprendre à dire non. 

Au début, j’avoue, c’était terrible. Je me sentais complètement déchiré, et j’avais l’impression d’être le pire des hommes. Et puis j’ai compris que l’essentiel n’était pas de dire non à tout et n’importe quoi, mais de savoir évaluer si ma présence était indispensable ou non. 

Pour y parvenir, j’ai pris l’habitude de me poser ces trois questions que je vous invite à faire vôtres : 

  • La personne est-elle vraiment bloquée ou peut-elle trouver ailleurs les ressources nécessaires pour avancer ? 
  • Quel est le degré d’urgence de mon intervention sur une échelle de 1 à 5 (1, ça peut vraiment attendre, 5, il faut intervenir immédiatement) ? 
  • En intervenant, est-ce que je mets en péril mes propres projets ou activités ? 

En répondant à ces trois questions, et notamment à la première, j’ai suffisamment d’éléments pour évaluer si je peux me permettre de dire non. 

Et j’accepte donc beaucoup moins de sollicitations, ce qui mécaniquement m’a permis de gagner beaucoup de temps. 

Faire le tri dans ses activités

Deuxième étape, juste après avoir appris à dire non : faire le tri dans mes activités. 

Parce que je cumulais, tout simplement, des dizaines d’activité ce qui occasionnait deux gros problèmes : 

  • Je n’allais jamais au fond des choses
  • J’étais surbooké pour des mauvaises raison

Concernant mes activités, j’ai décidé d’être impitoyable : je les ai réduites à 3. 

  • Premièrement, mon activité professionnelle est incompressible : c’est celle qui occupe le plus de mon temps tout en représentant la quasi totalité de mes revenus. 
  • Deuxièmement, un side project, c’est-à-dire mon activité sur Les Chemins de la Frugalité. Je ne sais pas où cette activité peut me mener, mais je m’interdis de démarrer tout autre side project pour donner le meilleur de moi dans ce projet. 
  • Troisièmement, une activité de loisirs, et en ce qui me concerne, une activité sportive puisque je suis un passionné de trail. 

Or ces trois activités, mon temps est uniquement du temps consacré au repos. 

Supprimer les personnes toxiques de son entourage

Cette troisième étape a certainement été la plus difficile émotionnellement à mettre en œuvre, mais c’est vraiment celle qui m’a apporté le plus de soulagement. 

Elle reboucle, d’ailleurs, avec la première étape et le fait d’apprendre à dire non, mais en allant au bout de la logique. 

À cette troisième étape, il s’agit de s’éloigner des personnes toxiques qui sont dans votre entourage. 

Là où ce n’est vraiment pas simple, c’est que nous ne parlons pas ici de simples connaissances : il s’agit ici d’amis, voire même de membres de votre famille. 

Mais ces personnes, même si vous les aimez, vous font du mal. Et le seul moyen de se sortir de ce type de relation, c’est de couper les ponts. 

Mais une personne toxique, c’est quoi exactement ? 

  • Une personne toxique, c’est une personne qui passe son temps avec vous à prendre, mais ne vous donne jamais rien
  • Une personne toxique, c’est une personne qui, lorsque vous la voyez, vous fait plus de mal que de bien
  • Une personne toxique, c’est une personne qui met en avant vos difficultés, vos défauts, plutôt que les plus belles parties de votre personnalité

Honnêtement, j’ai mis beaucoup de temps à parvenir à faire ce ménage dans mes relations, y compris mes relations familiales. Et il y a eu des moments terriblement difficiles où je me retrouvais seul, rongé par la culpabilité. Mais je ne regrette pas, à aucun moment, car cela m’a permis de trouver un équilibre que je n’imaginais pas possible. 

Le plus important, c’est d’aller à votre rythme et de ne pas aller au delà de ce que vous vous estimez être capable. 

Se donner des objectifs précis

La quatrième étape, qui est en résonance avec la deuxième, a été de me donner des objectifs précis. 

Jusqu’à ce que je me décide à me donner des objectifs, j’avançais au fil de mes activités sans vraiment savoir où j’allais. Résultats : je tournais en rond parce que je n’avais pas de véritable but dans mes actions. 

Je me suis rapidement rendu compte que me donner des objectifs, professionnels comme personnels, me permettait de structurer mes actions, notamment les tâches à accomplir et la manière de les organiser dans le temps. 

Si je prends, par exemple, mes activités sportives, lorsque je n’avais pas d’objectif, je m’entrainais un peu n’importe comment. Je n’avais aucune structuration dans ma manière de courir, tout simplement parce que je ne savais pas POURQUOI je courais. 

Mis à part pour le plaisir. 

J’ai donc pris l’habitude de me donner, chaque année, deux rendez-vous, deux compétitions, auxquelles je vais participer et qui seront à la fois mes guides et mes récompenses pour les nombreuses semaines et mois d’entraînement. 

En 2023, je participe : 

  • À la Full Moon, un trail de 70 kilomètres de nuit entre Aix-en-Provence et Marseille qui se déroulera début avril
  • L’Ultra Marin, fin juin, soit un trail de 175 kilomètres tout autour du golfe du Morbihan. 

Grâce à ces objectifs, j’arrive donc à calibrer la fréquence de mon entraînement et son intensité. 

Et j’utilise exactement la même méthode pour mes objectifs professionnels, ou encore les objectifs liés à mon side project. 

Organiser ses tâches : l’art des listes

Une fois mes objectifs fixés, il me reste à organiser le contenu de mes journées. 

Parce que là aussi, jusqu’il y a encore quelques années, c’était franchement n’importe quoi, pour ne pas dire un joyeux bordel ! 

Je commençais ma journée avec une multitude de tâches à accomplir, et comme je ne savais absolument pas les prioriser, je me retrouvais à chercher à toutes les accomplir en même temps, et donc à faire un peu n’importe quoi. 

Et en plus, j’étais épuisé arrivé en fin de journée car j’avais la sensation d’être constamment débordé… Sauf que lorsque je prenais un peu de recul et que j’évaluais mes tâches quotidiennes a posteriori, je me rendais compte que j’avais largement le temps de les accomplir ! 

En définitive, mon temps avait plutôt été saturé par mon manque d’organisation et le stress qui en découlait. 

Je me suis donc consacré à chercher des outils pour parvenir à m’organiser de manière efficace, et le meilleur que j’ai trouvé est aussi le plus simple et donc le plus frugal. 

Un bon vieux carnet et un stylo. 

Chaque fin de journée, avant d’aller courir (je finis mes journées en faisant du sport), je fais la liste des 3 tâches que j’aurais à accomplir le lendemain en les classant en 3 catégories. 

  • Premièrement, une tâche importante et prioritaire, celle qui va occuper 60 à 70% de ma journée
  • Deuxièmement, une tâche professionnelle non prioritaire, mais qui me procure du plaisir et qui donne du sens à mon travail
  • Troisièmement, une tâche personnelle pour mon side project, en général ma routine d’écriture pour la rédaction de mes épisodes, puis, le week-end, les enregistrements et la planification de la diffusion. 

Vous allez me dire que c’est bien peu de se fixer seulement 3 tâches chaque jour, mais je n’ai jamais été aussi productif que depuis que j’applique cette technique. 

Et surtout, j’ai compris une chose : c’est que je ne pouvais pas TOUT faire. Qu’il fallait, pour me sentir épanoui, que je me respecte et que j’apprenne à prioriser. 

Apprendre à se lever plus tôt, et à se coucher plus tôt aussi ! 

Cette dernière étape est vraiment la plus récente que j’ai mis en place. Et ça a été un réel challenge puisque je suis depuis toujours ce qu’on appelle un lève-tard. 

J’adore dormir, je n’y peux rien.

Sauf que lorsque je me levais tard, non seulement je me retrouvais à démarrer ma journée sans avoir pris de temps pour moi, mais je veillais, le soir, jusqu’à des heures impossibles, et ça sans rien faire. Je perdais mon temps devant la télé à somnoler et j’étais encore plus fatigué chaque matin. 

J’ai donc pris la décision de me donner plus de temps… le matin ! Et pour compenser et continuer à avoir mes heures de sommeil, de me coucher beaucoup plus tôt le soir. 

Depuis donc un an, mon réveil sonne tous les matins à 5h. 

Et je me couche invariablement entre 21h et 21h30. 

Ce que m’a apporté ce changement d’habitudes ? Il a tout simplement transformé ma manière de travailler et d’organiser mon temps. 

  • Premièrement, et ça c’est important, il a rendu ce podcast et tout mon projet autour des Chemins de la Frugalité possible parce que j’ai, tous les jours, le temps d’écrire. Temps que je n’avais pas auparavant, ou en tous cas pas pour des projets personnels. 
  • Deuxièmement, il me permet de gérer mes tâches professionnelles beaucoup plus efficacement ! Le fait de démarrer ma journée en ayant déjà eu 1h30 d’écriture me permet d’être beaucoup plus efficace et productif. Et surtout, mon cerveau est beaucoup plus agile ! 
  • Troisièmement, je peux me permettre de terminer ma journée de travail plus tôt, ce qui me laisse beaucoup plus de temps pour aller courir, et donc pour préparer mes objectifs sportifs. 

Bref, même si ce n’est toujours pas simple tous les jours de me lever tôt, je me rends compte que j’ai, grâce à ça, un bien meilleur équilibre. Et que j’ai vraiment le temps de travailler pleinement, sans me mettre la pression, à la concrétisation de mes objectifs personnels et professionnels. 

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